Société Montesquieu
 

Correspondance du président de Brosses et de l’abbé marquis Niccolini : présentation et remarques

Correspondance du pré­si­dent de Brosses et de l’abbé mar­quis Niccolini, Oxford University Studies in the Enlightenment, John Rogister et Mireille Gille éd., 2016, 320 p.

La publi­ca­tion d’un ouvrage érudit est tou­jours digne d’atten­tion ; quand il s’agit de deux per­son­na­li­tés aussi inté­res­san­tes que le pré­si­dent de Brosses et l’abbé Niccolini, c’est aussi un plai­sir de lec­ture. La cor­res­pon­dance qui nous est pré­sen­tée, avec force pré­ci­sions his­to­ri­ques, n’est pas conti­nue : cer­tai­nes let­tres ont dis­paru, mais sur­tout les deux amis ont par­fois laissé le silence s’ins­tal­ler entre eux pen­dant des années ; elle n’en est pas moins un témoin pré­cieux des échanges intel­lec­tuels entre deux esprits remar­qua­bles du XVIIIe siè­cle fran­çais et ita­lien. Le pré­si­dent dijon­nais de Brosses est bien connu ; l’abbé mar­quis Antonio Niccolini (1701-1769) est fami­lier à cer­tains, car Montesquieu l’a ren­contré à Florence : il est « l’étoile polaire » du salon de la mar­quise Ferroni, et Montesquieu lui doit une recom­man­da­tion pour Bonn1. Nous pré­sen­tons ici les pas­sa­ges qui inté­res­sent direc­te­ment Montesquieu, soit entre de Brosses et Niccolini, soit entre d’autres cor­res­pon­dants – car cette édition est plus riche encore que son titre ne l’indi­que.

Niccolini et Montesquieu

Les éditeurs four­nis­sent en effet (p. 211-213) les trois let­tres qui sub­sis­tent des rela­tions entre Niccolini et Montesquieu, tou­tes trois figu­rant dans les Lettres fami­liè­res publiées par l’abbé Guasco en 17672. La pre­mière, du 14 octo­bre 1739, d’après notre pro­pre édition3 ; la seconde d’après l’ori­gi­nal figu­rant dans les archi­ves de la famille Niccolini à Florence4 que nous igno­rions (c’est notre let­tre 500, pour laquelle nous avions pour seule source l’édition des Lettres fami­liè­res). La troi­sième let­tre, du 1er décem­bre 1754, figu­rera dans notre tome XXI5.

Le manus­crit de la let­tre 500 per­met de confir­mer la modi­fi­ca­tion de date que nous avions pro­po­sée : celle du 6 mars 1740 que por­taient les Lettres fami­liè­res nous avait sem­blé incom­pa­ti­ble avec la chro­no­lo­gie pro­pre à Montesquieu, et nous avions pro­posé « 6 mai » pour cette let­tre comme pour une autre, sans date, adres­sée à Cerati et mani­fes­te­ment liée à celle-ci, en sup­po­sant une erreur de lec­ture de Guasco – or la date erro­née de mars avait été rete­nue pour établir la chro­no­lo­gie de la vie de Montesquieu, et la let­tre à Cerati avait été datée en consé­quence6.

La trans­crip­tion du manus­crit four­nie par les éditeurs ne fait appa­raî­tre que des dif­fé­ren­ces véniel­les avec les Lettres fami­liè­res (outre bien sûr l’ortho­gra­phe, qui avait été uni­for­mi­sée dans l’édition de 1767) : dans l’expres­sion « un de ces hom­mes que » les mar­ques du plu­riel avaient été bif­fées sur le manus­crit pour qu’on lise « un homme que », et « Voyes com­ment ils cou­vrent » devient dans l’imprimé « Voyez comme ils cou­vrent tou­tes les mers ». C’est une nou­velle confir­ma­tion du fait que Guasco a été un éditeur fort res­pec­tueux7 : les abon­dan­tes mar­ques d’affec­tion et de res­pect à son égard qui ryth­ment les let­tres à lui adres­sées ne sont pas for­gées.

En revan­che on ne sui­vra pas l’anno­ta­tion de cette let­tre : si le contexte en est bien, comme pour tou­tes les let­tres de cette période, la guerre de l’Oreille de Jenkins qui voit s’affron­ter Anglais et Espagnols sur les mers amé­ri­cai­nes (« Que dites vous des Anglois »), on ne sau­rait voir dans une let­tre du 6 mai 1740 une « allu­sion au bom­bar­de­ment du port de Carthagène des Indes en mai 1740, par la flotte de l’ami­ral Vernon8 » : cet événement date en effet de 1741. Il peut s’agir de la prise de Porto Bello par Vernon à la fin de 1739, mais l’allu­sion est assez vague pour qu’on pense à n’importe quel autre événément, favo­ra­ble ou défa­vo­ra­ble aux Anglais – et en tout cas sûre­ment pas à un épisode datant de mai 1740, dont Montesquieu aurait été mira­cu­leu­se­ment informé dès le 6, alors qu’il faut plu­sieurs mois pour que les nou­vel­les arri­vent des Indes Occidentales.

De Brosses et Niccolini

À cela on doit ajou­ter ce que les deux prin­ci­paux cor­res­pon­dants disent de Montesquieu9 et sur­tout de L’Esprit des lois, au fil de leurs échanges, et qu’il nous est apparu impor­tant de pré­sen­ter avec nos pro­pres com­men­tai­res, évidemment orien­tés plus pré­ci­sé­ment vers Montesquieu et ses œuvres10.

On retien­dra plus par­ti­cu­liè­re­ment la pre­mière cita­tion comme exem­ple de récep­tion, mal­gré ses approxi­ma­tions, signe sans doute d’une lec­ture rapide par de Brosses, ou plus vrai­sem­bla­ble­ment d’un sim­ple ouï-dire, tant le pré­si­dent dijon­nais sem­ble répé­ter les juge­ments géné­raux qui cou­rent à l’époque, et la réponse de Niccolini, qui la rec­ti­fie de manière assez sévère.

Le pré­si­dent de Brosses à l’abbé mar­quis Niccolini [fin 1749] (let­tre XXVIII, p. 140-141)

Il y recher­che quel doit etre l’esprit d’un legis­la­teur selon le cli­mat et les mœurs dif­fe­ren­tes des peu­ples auquel il donne des loix. Il dis­tin­gue 4 sor­tes de gou­ver­ne­mens, demo­cra­ti­que, aris­to­cra­ti­que, monar­chi­que, et des­po­ti­que, quoi­que bien des gens pre­ten­dent que le des­po­tisme n’est qu’un abus du monar­chi­que. Il fonde les prin­ci­pes des 2 prs sur l’amour, ceux du 3e sur l’hon­neur, et du der­nier sur la crainte. C’est de ces divers prin­ci­pes qu’il tire tou­tes les conse­quen­ces. Mais il paroit conclure sou­vent du par­ti­cu­lier au gene­ral contre les regles de la logi­que. Il sem­ble avoir formé tou­tes ses repu­bli­ques sur le modele des repu­bli­ques grec­ques, ses monar­chies sur la France : son des­po­tisme sur l’empire otto­man : quoi­que Venise, la Hollande, l’Angleterre, et la Chine ne soit nul­le­ment sem­bla­bles aux gou­ver­ne­mens pre­ce­dens. A cela prez les maxi­mes par­ti­cu­lie­res sont pres­que tou­jours vrayes. Ses pen­sées sont plei­nes de force et d’une liberté peu com­mune en ce pays cy. Son style est ener­gi­que, vif et pres­sant, mais trop decousu et sou­vent obs­cur. Il se livre aussi par­fois a l’enthou­siasme et a la verve (oes­trum), chose quon doit, ce me sem­ble, soi­gneu­se­ment evi­ter dans un ouvrage de phi­lo­so­phie. Tel qu’est ce livre, il seroit a sou­hai­ter que les rois en fas­sent leur bre­viaire jour­na­lier.

L’abbé mar­quis Niccolini au pré­si­dent de Brosses, 30 octo­bre 1750 (let­tre XXX, p. 145-146)

Avant de rece­voir vôtre der­niere j’avois lû l’Esprit des loix par le President de Montesquiou11. Soit l’atta­che­ment, que j’ay pour l’auteur mon ancien ami, soit le merite de l’ouvrage, je l’ay trouvé d’une pro­fon­deur, et d’une bautè sur­pre­nante, et il ne sera pour moi que mon bre­viaire jour­na­lier, comme il fau­droit qu’il le fût de tous les sou­ve­rains selon vôtre reflexion tres judi­cieuse. J’ay trouvé le style decousu, et quel­que­fois obs­cur, comme vous le remar­quez tres bien. Je conviens, qu’il se livre par­fois a l’enthou­siasme, et a la verse12, mais tou­tes les fois, qué ça ne sert qu’a faire mieux gou­ter la verite qui echappe bien sou­vent a la lec­ture d’un livre de medi­ta­tion, je ne sçau­rois le condam­ner. Je ne scau­rois conve­nir non plus, qu’il paroit conclure du par­ti­cu­lier au gene­ral, ni qu’il sem­ble avoir formè tou­tes ses repu­bli­ques­sur le modele des repu­bli­ques grec­ques, la monar­chie sur la France, et le des­po­tisme sur l’Empire otto­man. Point des livres don­nent une idee plus claire, et nette du gou­ver­ne­ment d’Angleterre de celuy-ci. Il n’est point vray non plus qu’il ait fait la dis­tinc­tion des gou­ver­ne­ments en qua­tre sor­tes, mais en trois repu­bli­cain, monar­chi­que, et des­po­ti­que dont le pre­mier n’est pas fondé sur l’amour, mais sur la vertu ; le second sur l’hon­neur ; le troi­sieme sur la crainte. C’est une logo­ma­chie de dire, que le des­po­tisme n’est qu’un abus du monar­chi­que : pourvû que le fait de la dis­tinc­tion soit reelle, et non dans la spe­cu­la­tion. Or il n’est, que tres vray, que ces |trois| etats de gou­ver­ne­ment sont dans le monde ; et tou­tes les fois que l’etat des­po­ti­que se rela­chera de la crainte, et que la volonté soit la seule loi domi­nante, il pas­sera a l’etat monar­chi­que, comme celuy-ci pas­sera a l’autre tou­tes les fois, que l’hon­neur n’en fera plus l’ame, mais la crainte, et nous ver­rons une pau­vreté, une paresse, et une bas­sesse repandüe par­tout. Que l’ame des repu­bli­ques en soit la vertu il suf­fit pour s’en convain­cre de exa­mi­ner les sept Provinces Unies, l’Angleterre13 et tout le reste des repu­bli­ques. Nous trou­ve­rons cel­les qui sont depourvües de vertu être sur leur declin14.

Le pré­si­dent de Brosses à l’abbé mar­quis Niccolini, 14 octo­bre 1770 (let­tre XLVIII, p. 202-203)

Vous ne scau­riez croire avec com­bien de satis­fac­tion je vous ai retrouvé dans ces peti­tes let­tres du grand Montesquiou que l’Abbé Guasco a don­nées au public. Ces let­tres, de peu d’impor­tance en elles memes et que l’Abbé n’a impri­mées que pour se faire hon­neur d’une telle liai­son, m’ont beau­coup plu : tant par­cequ’il y est sou­vent parlé de vous, que par­cequ’on aime tout cequi mon­tre au natu­rel un si grand homme, le pre­mier sans contre­dit de tous ceux qui ont vecû de notre sie­cle.

Les Lettres fami­liè­res du pré­si­dent de Montesquieu à divers amis d’Italie, publiées à Florence en 1767, contri­buent en effet à don­ner la meilleure image pos­si­ble de leur éditeur, l’abbé Guasco, qui règle ses comp­tes avec Mme Geoffrin15. Celui-ci n’a pour­tant rien d’un aven­tu­rier (comme le veut la note 348, p. 203) qui « réus­sit à se faire élire à l’Académie royale des ins­crip­tions et bel­les-let­tres », à la Royal Society comme à l’Académie de Berlin : c’est un authen­ti­que savant, dont il suf­fit de lire la cor­res­pon­dance et les ouvra­ges, cou­ron­nés de prix, pour mesu­rer l’érudition et l’intel­li­gence, saluée par plu­sieurs cri­ti­ques récent16. Signalons enfin à ce pro­pos d’autres riches­ses de l’Archivio Niccolini : des let­tres à l’abbé Guasco datant de 1766 (Fondo Antico, 51 - 59 https://www.archi­vis­to­rici.com/it/f…), l’année qui pré­cède la publi­ca­tion des Lettres fami­liè­res, méri­te­raient cer­tai­ne­ment d’être exa­mi­nées.

Niccolini est de plus men­tionné avec affec­tion par Montesquieu dans cinq let­tres à Cerati (et par deux let­tres de Jean-Baptiste de Secondat, bien après la mort de son père), et sur­tout il est des­ti­na­taire des trois let­tres déjà évoquées plus haut. Guasco accom­pa­gne la pre­mière d’une lon­gue note qui repro­duit un com­men­taire admi­ra­tif de Montesquieu sur l’indé­pen­dance d’esprit de Niccolini face au pou­voir, au fil d’une pré­sen­ta­tion très élogieuse du per­son­nage. Il est évident que ces trois let­tres n’ont pu être connues de Guasco que grâce à Niccolini, qui se trouve ainsi remer­cié.

Niccolini et le comte de Neuilly

Cerati au comte de Neuilly, Pise, 22 décem­bre 1757 (p. 248)

[…] on m’a assurè, qu’une nou­velle édition de l’Esprit des Loix est deia fort avan­cée et qu’on y a fait des addi­tions, et des chan­ge­mens. J’aurois une grande envie d’appren­dre la veri­ta­ble ori­gine, et la qua­litè de la nou­velle forme, qu’on a donnè à ce grand ouvrage, et si le tout vient de l’auteur ou de quelqu’autré main, comme aussi si la nou­velle edi­tion se fait a Paris, ou à Genève. […] On m’a dit que Mr le President avoit laissé en manus­crit un ouvragè tres-pro­fond inti­tu­lée, (si je ne me trompe), Code des Loix de la Nature, mais qu’on l’a brûlè aprés sa mort, par­cé­qué l’auteur s’etoit ecarté de la reve­la­tion.

Cerati au comte de Neuilly, Pise, 31 mai 1758 (p. 249)

Un ami de Paris m’a averti par une let­tre du 15 mai, que la nou­velle edi­tion de L’Esprit des loix parois­soit depuis quel­ques iours, et il me pro­met de me la faire tenir par une pre­mière occa­sion.

Ces deux let­tres confir­ment l’hypo­thèse que nous avions pro­po­sée en 201117, selon laquelle l’édition de L’Esprit des lois datée de 1757 n’a pas paru avant l’édition de 1758 : si une nou­velle édition était parue dès 1757, elle aurait attiré l’atten­tion de tous ceux qui, en France comme à l’étranger, à l’ins­tar de Niccolini, atten­daient impa­tiem­ment une nou­velle édition cor­ri­gée et aug­men­tée. En décem­bre 1757, cette nou­velle édition est seu­le­ment annon­cée.

Il faut cor­ri­ger la note 114 (sur « si la nou­velle edi­tion se fait a Paris, ou à Genève »), p. 247, dans la let­tre du 22 décem­bre 1757 : Il s’agit de l’édition des Œuvres de Montesquieu publiées sous fausse adresse (« Genève, Barrillot & Fils ») à Paris par Huart et Moreau, qui contient la nou­velle édition de L’Esprit des lois, aug­men­tée et cor­ri­gée d’après les manus­crits de Montesquieu. Celle-ci a été reprise par tou­tes les éditions pos­té­rieu­res. On veillera aussi à ortho­gra­phier « Barrillot » le nom de cet impri­meur (voir note 18, p. 80), pour dis­tin­guer les vraies éditions gene­voi­ses et les éditions pari­sien­nes de Huart et Moreau (qui por­tent la même adresse) des contre­fa­çons pari­sien­nes non auto­ri­sées qui por­tent le nom de « Barillot ».

Dans la même let­tre, la note 116 p. 248 (sur « Code des Loix de la Nature »), fon­dée sur des sour­ces ancien­nes et péri­mées, doit être ainsi rec­ti­fiée :

Il s’agit du Code de la nature, ou le véri­ta­ble esprit de ses loix, publié ano­ny­me­ment par Morelly en 1755. L’attri­bu­tion à Montesquieu, sans fon­de­ment aucun, ne peut venir que du sous-titre.

On mesure par ces remar­ques tout l’inté­rêt d’une lec­ture soi­gneuse et appro­fon­die d’u ouvrage qui pré­sente des maté­riaux aussi riches. L’enquête dans les biblio­thè­ques pri­vées et publi­ques en est ainsi for­te­ment encou­ra­gée.

Catherine Volpilhac-Auger

ENS de Lyon, IHRIM

Mes voyages, OC, t. X, 2012, p. 226 et 345.

Voir ci-après.

Correspondance II, (OC, t. 20, 2014), no 498 ; il importe de rectifier d’après la page de titre de ce volume le nom des éditeurs, présentés de manière fautive à la page 211.

Archivio Niccolini, 286 – 12 https://www.archivistorici.com/it/f….

Le manuscrit en était déjà connu par l’ouvrage de Paola Berselli Ambri, L’opera di Montesquieu nel Settecento italiano, Florence, Olschki, 1960, p. 22, note 79, ainsi que le signalent les éditeurs.

Voir Louis Desgraves, Chronologie critique de la vie et des œuvres de Montesquieu, Paris, Honoré Champion, 1998, nos 2181 et 2184, et les éditions antérieures de correspondance.

Voir OC, t. XIX, p. XXXI.

Page 213, note 5.

L’un et l’autre le nomment « Montesquiou ». Ses contemporains orthographient ainsi souvent son nom. Il ne nous semble pas que ce soit pour une raison étymologique (comme il est dit p. 71), mais parce que le nom de « Montesquiou » est autrement plus illustre au milieu du XVIIIe siècle que celui d’un baron bordelais : connue depuis le XIIe siècle, cette maison a produit trois maréchaux de France et plusieurs prélats de haut rang.

Quand ceux-ci étaient trop développés pour faire l’objet d’une note infrapaginale, nous les avons placés à la fin du texte cité.

Les éditeurs commentent (note 188 p. 145) : « Niccolini l’avait donc lu [L’Esprit des lois] avant fin octobre 1750 . » Il nous semble plutôt que sa lecture est intervenue beaucoup plus tôt, dans les premiers mois de 1750 voire à la fin de 1749, puisque la lettre du président de Brosses supposée de la fin de 1749 lui a été remise « tres exactement à Foligno dans son temps », ainsi que le précise Niccolini au début de sa lettre. La diffusion en Italie semble avoir été assez rapide.

Lire « la verve » ?

Ranger l’Angleterre parmi les républiques mérite d’être remarqué, chez ce lecteur attentif de L’Esprit des lois qui en a parfaitement saisi l’esprit.

Niccolini ne dit évidemment rien des républiques italiennes, envers lesquelles Montesquieu est particulièrement sévère : la prudence s’impose dans la correspondance.

C. Volpilhac-Auger, Un auteur en quête d’éditeurs ? Histoire éditoriale de l’œuvre de Montesquieu (1748-1964) , Lyon, ENS Éditions, 2011, p. 185-197.

On gagnera à lire l’article synthétique que François Cadilhon lui a consacré dans le Dictionnaire Montesquieu http://dictionnaire-montesquieu.ens… tout comme l’étude de Pascal Griener, « Ottaviano di Guasco, intermédiaire entre la philosophie française et les antiquités de Rome », dans Roma triumphans ? L’attualità dell’antico nella Francia del Settecento, Laetizia Norci Cagiano dir., Rome, Edizioni di storia e letteratura, 2007, p. 25-51, et son ouvrage La République de l’œil. L’expérience de l’art au XVIIIe siècle, Paris, Odile Jacob, 2010, notamment p. 165-168 ; la note 74 page 301 le présente comme « un des pères fondateurs de l’histoire anthropologique de l’art antique ». Voir également Nadezda Plavinskaia, « La sculpture antique au prisme des Lumières : l’abbé de Guasco et son traité De l’usage des statues chez les anciens » (en russe), dans Vek Prosveschenia (Le siècle des Lumières), no 4 (colloque d’Ostankino, juin 2010), Moscou, Naouka, 2012. Nous renvoyons également à notre introduction du tome XIX desŒuvres complètes (2014), où nous revenons sur de tels clichés, qui remontent à une époque ancienne et n’en sont pas pour autant historiquement authentifiés

Un auteur en quête d’éditeurs, p. 168-171.