Société Montesquieu
 

Premières éditions des Lettres persanes en vente

Paris, 24 février, Binoche et Giquello (Drouot Catalogue)

Deux exem­plai­res des pre­miè­res éditions des Lettres per­sa­nes sont pro­po­sés à la vente en février à Paris par la mai­son Binoche et Giquello.

Lot n° 87

Lettres persanes. Cologne, Pierre Marteau, 1721. 2 tomes en un volume in-12, maroquin rouge, janséniste, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Vve Brany).

Tchemerzine, t. IV, p. 920, (b).

Joli exem­plaire de l’une des éditions parues à la date de l’ori­gi­nale. Elle n’est pas décrite par Rochebillière et Dangeau la consi­dère comme étant la seconde.

Estimation : 400 - 500 €

Toutes les éditions des Lettres per­sa­nes sont main­te­nant bien connues grâce aux tra­vaux de Cecil Courtney, Œuvres com­plè­tes, t. I, 2004, et devraient pou­voir être iden­ti­fiées cor­rec­te­ment. En fonc­tion de cette iden­ti­fi­ca­tion, les prix peu­vent varier consi­dé­ra­ble­ment.

Le des­crip­tif du cata­lo­gue de vente ne per­met pas de dis­tin­guer laquelle des trois éditions des Lettres per­sa­nes por­tant la date de 1721 et le nom du libraire ima­gi­naire Pierre Marteau (nom uti­lisé par le pre­mier éditeur, ou plu­tôt libraire-impri­meur, Jacques Desbordes - Susanne de Caux), est ici dési­gnée.

L’ori­gi­nale, qui com­porte 150 let­tres, a été publiée en mai 1721, et pré­sente un inté­rêt cer­tain. Une autre édition, appa­rem­ment sem­bla­ble, pour­rait être en fait une réim­pres­sion fran­çaise (voir Cecil Courtney, p. 84-91).

Il peut s’agir aussi de la seconde édition, publiée également par Susanne de Caux. Dite édition B et com­por­tant 140 let­tres, elle est bien connue des biblio­gra­phes comme des lit­té­rai­res. Cette édition, qui sort à l’automne 1721, com­porte des sup­pres­sions, et des addi­tions dues à Montesquieu lui-même.

http://cata­lo­gue.gazette-drouot.com…

Lot n° 86

Lettres persanes. Amsterdam, Pierre Brunel, 1721. 2 volumes in-12, veau brun, filet à froid, dos orné, tranches mouchetées de rouge (Reliure de l’époque).

Contrefaçon de l’édition ori­gi­nale.

Des cahiers piqués et rous­sis. Un coin res­tauré, tra­ces d’épidermures à la reliure.

Estimation : 500 - 600 €

http://cata­lo­gue.gazette-drouot.com/html/d/fiche.jsp?id=5722688

Cette édition, qui sort peu de temps après l’ori­gi­nale et n’est sans doute pas une contre­fa­çon (Pierre Brunel n’aurait pu met­tre son nom sur la page de titre s’il n’avait acheté à Susanne de Caux le « droit de copie » ; à moins qu’il ne s’agisse d’une impres­sion fran­çaise, ce qui n’a pas encore été prouvé), connaît deux réim­pres­sions ; la pre­mière est sans aucun doute rouen­naise, la seconde l’est peut-être (voir C. Courtney, p. 87-97).